F1 et l’Allemagne

F1 et l’Allemagne
F1 et l’Allemagne
L'histoire d'amour entre la Formule 1 et l'Allemagne- le Grand Prix d’Allemagne est de retour au calendrier de la Formule 1 ce week-end. Si les tribunes devraient être pleines dimanche pour la course, le public était clairsemé durant les essais libres du vendredi. Une situation qui rappelle les dernières éditions à Hockenheim, où les fans étaient de moins en moins nombreux (57 000 personnes en 2016).

Certaines voix, lugubres, vont même jusqu’à évoquer le dernier GP d’Allemagne de l’histoire. "Nous sommes une nation de constructeurs de voitures, avec d’immenses succès dans le sport automobile et la F1, et ce serait très triste de perdre cet évènement", assure Nico Hülkenberg (Renault).


Hockenheim n'accueillera pas la course l'an prochain faute d'accord financier entre les organisateurs et les propriétaires de la discipline, le groupe américain Liberty Media.

Le gouvernement de Rhénanie-Palatinat (ouest) a coupé le robinet des subventions en 2013 pour le Nürburgring, qui devait organiser l'épreuve un an sur deux.

Celui du Bade-Wurtemberg (sud-ouest), où est situé Hockenheim, semble décidé à ne pas apporter le moindre coup de pouce.

Les courses auto ne sont pas en odeur de sainteté outre-Rhin, notamment à la suite du scandale des moteurs truqués de Volkswagen.

Pourtant, l’Allemagne est un sacré poids lourd de ce sport. Un constructeur domine la discipline depuis 2014 (Mercedes), Michael Schumacher (sept titres), Sebastian Vettel (quatre titres) et Nico Rosberg (un titre) ont marqué l’histoire de la F1 ces 20 dernières années.


Cette domination germanique pourrait pourtant être la cause de cette baisse de popularité selon l’Allemand Nico Hülkenberg (Renault). « L’Allemagne a une riche histoire en F1. Peut-être que le pays est un peu blasé du sport auto, je ne sais pas, mais nous avons toujours été au devant de la scène récemment. Les Allemands ont été un peu gâtés. »

Les cousins Schumacher

Derrière les deux trentenaires, la relève se fait attendre à l'image des résultats médiocres de Maximilian Günther en Formule 2 et David Beckmann en GP3.

Les cousins Schumacher, Mick, le fils de Michael, et David, celui de Ralf, ne semblent pas fait du même bois que leurs illustres géniteurs.

"Peut-être que nous avons gagné trop de titres et été trop gâtés, mais au final c'est l'aspect commercial qui joue le rôle le plus grand dans cette affaire", relativise à juste titre Hülkenberg.

2015 a vu l'absence d'une course de F1 en Allemagne pour la première fois depuis 55 ans.


Le fans allemands apparaissent repus après douze couronnes mondiales glanées entre 1994 et 2016.

Et, comme on peut l'observer dans les campings bordant le circuit, ils sont à la fois nostalgiques de Schumacher et pas emballés par Vettel, qui n'a pas encore ramené de titre à Maranello, à la différence du "Baron rouge".

Les audiences TV ont été divisés par deux par rapport à il y a quinze ans.

23 millions par GP

Face à cette situation, Sky Deutschland, chaîne payante, a été évincée cette saison au profit de la chaîne gratuite RTL, contrairement à la France où le diffuseur principal demeure Canal+, une décision sur laquelle Liberty Media a pesé.

"Le marché allemand est essentiel à nos yeux", assure Sean Bratches, directeur du marketing de la F1, qui trouve "frustrant" l'absence de toute subvention.

Mais le prix demandé, autour de 23 millions d'euros par GP, n'a pas baissé pour autant, alors que l'ancien grand argentier de la F1 Bernie Ecclestone consentait à l'occasion de gros rabais.


Et Georg Seiler rechigne à payer cette somme alors qu'il voit Liberty Media offrir sur un plateau une future course à la ville de Miami.

Il espère ouvertement que Mercedes, basé à Stuttgart, vole à son secours.

"Ce serait dangereux pour une équipe de créer un précédent en devenant sponsor d'une course car nous ne sommes ni promoteurs ni détenteurs de droits commerciaux", explique à l'AFP Toto Wolff.

"C'est à Liberty Media et aux promoteurs de trouver une solution", assure-t-il.

Petit rayon de soleil dû aux performances de Vettel, à la lutte pour le titre: toutes les places pour dimanche, soit près de 70.000, ont été vendues.

Toutefois, plus de 15.000 Néerlandais sont venus voir leur champion Max Verstappen (Red Bull) et des tarifs réduits très généreux ont été mis en place pour les jeunes.

Mais, même à guichets fermés, l'organisation prévoit de rentrer à peine dans ses frais.
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